Tsama DO PAÇO

Exposition du 08 au 26 juin

" Me tangere“
Installation in situ

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Avant tout, qu’est-ce qu’une feuille?


La feuille est un être de surface. Elle s’étend le plus possible en contact avec le monde. La manière de m’approcher de ce qu’est une feuille est l’empreinte. Le toucher, la tentative d’entrer en contact avec la surface pour recueillir un détail du monde, engendre d’autres feuilles, des sortes
de mues, des peaux de feuille. L’hybridité de ces exhuvies et des jeux d’analogies permis par la forme de la feuille de Ginkgobiloba, amènent à leur organisation en nuées. Dans la serre, la lumière naturelle offre des variations journalières. Elle fait apparaître les empreintes de

"Me Tangere", nous permet de les saisir selon nos déplacements et les nuances d’intensités lumineuses. Or, une feuille est un traducteur solaire, elle transforme l’énergie solaire en matière vivante. Directement connectée à l’étoile, elle s’y expose. La feuille offre aussi par son temps particulier un autre rapport à l’objet. Le temps de la feuille met en échec nos impatiences. Fragile, l’installation risque l’éphémère et le renouvellement. Cette tentative de conservation, sorte de fossile dit la beauté du temps, la fluidité du monde et le changement permanent. Durer est éphémère.

 

Alors, comment fait-on trace de quelque chose qui se poursuit, qui se transforme?

A PROPOS DE L'ARTISTE :

Artiste conçue dans le  Sud de la France, mais née en Normandie en 1984, le voyage et le nomadisme commencent avant sa naissance et caractérisent ensuite sa démarche. Le travail de Tsama Do Paço est en effet marqué par le nomadisme, qu’elle étend d’un déplacement physique à celui d’une appartenance multiple à différents territoires et visions du monde ainsi qu’à une volonté obstinée de jouer des frontières entre matériaux, formes, usages et matières de faire. Après un diplôme de physiologie végétale, l’intuition d’une prolongation entre expériences scientifiques et esthétiques du monde, l’amène à entreprendre des études d’art. Elles est diplômée des Beaux-arts de Paris et de la HEAR, où elle fait l’expérience de la sculpture et de la transmission de sa passion.

Elle a construit sa recherche lors de résidences de création, qui l’ont amené à créer dans des contextes sociaux et économiques précaires comme lors de ses déplacements à l’étranger. Sa pratique est souvent bousculée par de longs périples, qui lui refusent la stabilité et affutent sans cesse sa sensibilité.

D’un locus à l’autre, comme pour tisser des liens structurant la dispersion, se module pourtant une ligne esthétique forte, saluée par le prix de dessin FID Prize en 2014 et celui de la Jeune Création du Moulin des arts de Saint-Rémy en 2012, ainsi que lors d’expositions à Paris et en France